« Internet est le serial

 

 

Killer du livre »

 

Malgré son succès sur la Toile, Marc Levy se dit inquiet pour la situation du livre et solidaire des éditeurs.

 

 

Depuis Phoenix, où il se trouve actuellement en repérage pour un prochain succès littéraire, l'écrivain accorde une interview à RTL. Il déplore, à l'antenne, la guerre sans merci livrée au livre par le Web.

D'une voix chaude et sympathique, Marc Levy se dit «heureux» de son triomphe qui dure depuis de nombreuses années. Mais il ne faut pas s'y tromper, l'auteur de Et si c'était vrai... conserve une certaine distance par rapport aux 27 millions d'exemplaires vendus dans le monde par son dernier livre, Un sentiment plus fort que la peur.

Mais même du haut de son succès, Marc Levy reste attentif, n'ignorant pas que l'édition va mal. La fréquentation massive d'Internet est, selon lui, en train de ruiner le marché du livre. Et cette situation préoccupante ne laisse pas insensible l'écrivain français le plus lu au monde. Loin s'en faut, et sa métaphore est parlante: «Internet est le serial killer du livre».

La réussite de Musso? Pas jaloux pour un sou!

Si l'auteur de Sept Jours pour une éternité réagit à la détresse qui hantent les librairies, c'est parce que le journaliste lui a demandé si le succès commercial de son confrère Guillaume Musso, situé un léger cran au-dessus du sien en matière de millions, titille le chouchou des lectrices. Pas le moins du monde, quelle affreuse idée. «Rien ne me réjouit plus que le succès des autres», proteste le champion des belles histoires. L'heure n'est franchement pas à la mesquinerie, vue la situation. Beau joueur, il cite ses camarades: si jamais Guillaume Musso, Katherine Pancol et Anna Gavalda triomphent, tant mieux! Si cela peut inciter les gens à lire, c'est tout bénéfice. Et comment.

Car l'amoureux des mots l'a constaté avec douleur: «Il y a cinq ou six ans, dans un wagon, je voyais facilement quinze personnes avec un livre entre les mains. Aujourd'hui ces mêmes quinze personnes sont sur Internet». Il y a donc lieu de s'alarmer. Dématérialisation des biens culturels oblige, le Web devient de jour en jour une menace de plus en plus concrète.

 

 

 

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